L’empathie, la vertu clé de l’épanouissement de l’enfant !

Comment les neurosciences expliquent-elles l’impact de la bienveillance sur le cerveau ?

Les avancées réalisées dans le domaine des neurosciences montrent que l’empathie est une vertu indispensable à l’épanouissement des êtres humains et de l’enfant en particulier. Certaines molécules liées à l’expression de la bienveillance influent sur notre cerveau et conditionnent notre humeur de même que la pacification de notre rapport à soi et à l’autre. Prêt(e)s à vous engager dans un cercle vertueux ?

Comment définir l’empathie et ses effets sur nos comportements ?

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L’empathie désigne la « faculté intuitive de se mettre à la place d’autrui, de percevoir ce qu’il ressent » (source : Larousse). Or, plusieurs études ont démontré que contrairement aux croyances populaires sur le sujet, l’empathie était naturelle. Autrement dit, les nourrissons et les enfants éprouvent naturellement de l’empathie et de la bienveillance à l’égard de personnes se trouvant en situation de détresse, et n’hésitent pas à faire don de leur « doudou » pour consoler un autre enfant qui pleure par exemple.

L’empathie est donc un sentiment intuitif et non pas quelque chose que l’on doit inculquer aux enfants pour refreiner leur violence naturelle. Au contraire, il a été démontré que les comportements agressifs de même que de nombreuses pathologies psychologiques se développaient plus facilement à la suite d’une enfance stressante ou de maltraitances.

La reproduction, par mimétisme, des comportements des parents se retrouve très souvent chez les enfants. C’est pourquoi l’empathie constitue un élément clé de réussite pour favoriser l’émergence d’une société au sein de laquelle chaque citoyen développe un comportement prosocial et pacifié.

3 molécules liées à l’empathie qui favorisent une relation à soi et aux autres pacifiée

Les neurosciences ont mis en lumière le rôle de trois éléments en lien avec l’empathie et qui influent sur notre cerveau et nos comportements :

  • L’ocytocine : lorsque nous éprouvons de l’empathie, notre hypothalamus sécrète un neuropeptide dénommé ocytocine qui renforce à son tour notre capacité à éprouver de la bienveillance, de l’affection, de l’altruisme et la volonté de coopérer notamment.
  • La sérotonine : la sécrétion de l’ocytocine permet celle de la sérotonine qui contribue à stabiliser l’humeur et à adopter un comportement plus calme et plus serein.
  • Le BDNF : il a été démontré qu’une éducation empathique facilite la sécrétion de BDNF, une protéine qui permet un meilleur développement du cerveau.

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L’empathie n’est donc pas seulement une vague faculté qu’il serait de bon ton de développer à l’occasion : son impact positif sur le cerveau est réel et avéré.

Découvrez l’impact déterminant de l’empathie sur le développement de l’enfant

Catherine Gueguen, pédiatre et spécialiste en neurosciences affectives et sociales, déclare : « À l’heure actuelle, beaucoup de recherches disent que la majorité des maladies psychiatriques sont dues à des modifications cérébrales dues au stress et à la maltraitance de la petite enfance. On sait comment ça marche au niveau biologique. Donc ne pas donner d’empathie à un enfant a des conséquences redoutables. Ça modifierait l’apprentissage, et ça modifierait aussi le comportement. Beaucoup d’adultes se plaignent des enfants agressifs à l’école, et de la délinquance, eh bien si les enfants recevaient de l’empathie à la naissance et pendant la petite enfance, ils ne deviendraient pas agressifs, ils ne deviendraient pas délinquants. Plus l’enfant reçoit d’empathie pendant la petite enfance, plus l’enfant devient empathique et l’inverse est vrai également ».

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C’est pourquoi une éducation empathique est essentielle au bon développement de l’enfant. Cela lui permet d’acquérir un sens moral, de comprendre les contraintes de l’autre, d’aborder sereinement sa relation avec autrui, de réguler ses émotions, d’apprendre à développer ses talents et à aimer. Au contraire, la VEO (violence éducative ordinaire) fait de gros dégâts dans les familles, en limitant notamment la capacité des enfants à ressentir une bonne et juste estime de soi et à éprouver de l’empathie et de la confiance pour les autres. En cautionnant l’usage de la force et de la contrainte

(physique, morale, psychique ou affective) la VEO entraine les générations à perpétuer la tragédie des rapports de force.

Au-delà même du bien-être de l’individu, il s’agit d’un enjeu de vie sociale et donc de santé publique dans la mesure où la violence et le manque d’empathie peuvent malheureusement mener à des drames humains comme la dépression, les addictions diverses, le burn out, les violences verbales ou psychiques, et toutes les formes d’agressions. Ce sont les attentats de Paris et de Bruxelles, qui ont notamment motivé l’écriture des deux derniers ouvrages de Thomas d’Ansembourg.

Bienveillance : ne tombez pas dans le piège de « l’enfant-roi »

Bien entendu, privilégier une éducation empathique ne signifie pas que l’enfant gagne le droit de faire tout ce qui lui passe par la tête. Le « laisser-faire » est un excès inverse, qui contribue à créer le risque de l’enfant-roi, de l’enfant perdu sans « père » ni repère. Idéalement, l’adulte demeure la figure de référence. Par sa qualité d’être il montre le chemin et guide l’enfant dans son apprentissage de la bienveillance. Il apporte de la structure en témoignant du sens des valeurs qui fondent le vivre-ensemble et du respect des limites qui en découle.

 

Lucie Laval & Thomas d’Ansembourg